Le milieu bocager.

 

- Introduction.

- Le bocage en Nord - Pas de Calais.

- Les critères de différentiation des haies.

- La haie et la régulation climatique.

- La haie et la régulation hydraulique.

- La haie et les sols.

- La haie et la flore.

- La haie et la faune.

- Entretenir le bocage.

            - Le tressage.

            - La taille en têtard.

- Reconstruire le bocage.

- Valoriser le bocage...

 

Introduction.

Traditionnellement, les haies, agencées en réseaux plus ou moins denses (maillage), délimitent les parcelles agricoles.

            Le bocage est le résultat de pratiques agricoles datant du moyen âge. A l’origine, de moines qui ont cherché à protéger leur culture en laissant en place, après défrichage, les lisières des bois.

 Cette pratique n’est pas le fruit du hasard et il a fallu attendre l’arasement excessif du réseau de haies pour en comprendre les utilités.

            La disparition des haies, du paysage bocager, à montrer, ici, une reprise de l’érosion, là, une baisse du rendement laitier des animaux alors exposés au vent ou privés d’ombre, ailleurs, une moindre précocité des cultures soumises aux vents froids et séchants.

            La mise en place des haies, des fossés et des talus qui forment le bocage est donc le fruit de plusieurs siècles d’observation et d’expérience paysanne pour adapter le paysage aux exigences du climat et du sol.

            Par ailleurs, à ce rôle de protecteur du sol des cultures et des animaux, de régulateur climatique et du rôle écologique que joue l’arbre et la haie, s’ajoute une fonction d’embellissement du paysage.

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Le bocage en Nord - Pas de Calais

            Tous les bocages sont différents. Ils se distinguent par la densité du maillage, les essences végétales dominantes, la structure verticale des haies. Ceci dépend essentiellement de la nature du sol et du mode d’agriculture exercée mais aussi de l’évolution historique et des caractéristiques régionales.

Aussi, l’importante transformation des pratiques agricoles de l’après-guerre (39/40) a contribué à remodeler de façon significative le paysage.

Suite à l’intensification des cultures et au remembrement, les haies, trop souvent perçues comme une entrave au déplacement des engins agricoles, ont été arrachées. Les premiers remembrements, à partir des années 50, se traduisirent par un abattage systématique de toutes les haies et un arasement des talus. Dans la région, les prairies et surfaces toujours en herbes sont passées de 31 % en 1977 à 26 % en 1987 au profit des terres labourées.
(Un paysage d’openfields.)  

En d’autres termes, si le principe du bocage s’est développé à partir du XII, XIII ème siècle, il est peu à peu tombé en désuétude ces dernières années, laissant place à des paysages d’openfields.

            Dans le Nord – Pas de Calais, le bocage subsiste dans l’Avesnois, le Boulonnais et la Flandre Intérieure. Le bocage, ce « paysage agraire d’enclos verdoyants » fait donc appel à une notion de gestion patrimoniale :

                         Ø Haies au patrimoine culturel : le « tressage » ou le « plessage », par exemple, est une ancienne technique d’entretien des haies qui consiste à plier les branches latérales afin de maintenir un bourrage bas.

                          Ø Haies au patrimoine floristique : conservation des espèces locales.

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Les critères de différentiation des haies.

            Il existe différents types de milieu bocager qui diffèrent sur au moins deux critères importants :

                        Ø L’un, le maillage bocager, c’est-à-dire la taille moyenne des pièces de terre entourées de tous les côtés de haies vives. Par définition, la taille des parcelles, à l’image des mailles d’un filet, définit le maillage bocager.

                        Ø L’autre, la structure des haies, horizontale et verticale. La première définit le caractère de continuité de la haie (linéaire) alors que la seconde (verticale) permet un classement des haies en 3 catégories. :

 

Ä Les buissons linéaires (haie à un étage)

 

Ä Les taillis, linéaires ou sous futaies linéaires (arbres ou arbustes issus de rejets)

 

Ä Les futaies linéaires ou futaies linéaires d’émondes (arbres de haut jet).

 

Il est à noter que le taillis sous futaies linéaires est le type de haie le plus parfait, celui qui montre le plus d’avantages écologiques.

 

   

            La composition floristique (diversité), les essences d’arbre présentes, l’entretien, à savoir s’il est effectué régulièrement, annuellement ou pratiquement jamais, sont également des critères de distinction des haies.

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Les haies et la régulation climatique.

            La haie a un double rôle dans ce que l’on appelle la régulation climatique. En effet, les haies agissent :

                        Ø Sur les masses d’air en s’y opposant par un effet de brise vent.

                        Ø Sur le rayonnement solaire, qu’elle modifie en s’opposant au soleil et en réfléchissant les rayons.

             - L’effet brise vent.

            L’effet d’un brise vent dépend de la perméabilité (pourcentage de vide) et de la hauteur de la haie. Cette perméabilité conditionne à la face opposée au vent une zone tourbillonnaire. Elle va ainsi ralentir l’intensité et la portée de l’air qui s’infiltre, en le ralentissant.

 

            En somme, le brise vent protège contre les effets mécaniques du vent.

              Ø La vitesse du vent est réduite, dans le bocage, de 20 à 30 % par rapport à la zone ouverte.

              Ø Le brise vent freine donc l’érosion éolienne.

              Ø Il limite les dégâts sur les végétaux.

            La haie à donc un effet notable sur les végétaux et de ce fait, sur leurs rendements.

 
   

  Cet effet se manifeste d’une part, au niveau du parcellaire (microclimat) mais aussi et d’autre part, sur l’ensemble du milieu bocager en créant un climat régional.

Impact des haies sur le climat régional.

 

            ‚ - Modification du rayonnement solaire.

            La haie a deux effet sur le rayonnement.

Ø Le premier, le plus connu est de fournir de l’ombre.

                        Ø Le second, moins connu, est l’effet de réflecteur du rayonnement. En effet, la haie réfléchit le rayonnement solaire direct ou le renvoyé par le sol. Le sol, au niveau de la face sud de la haie, reçoit ainsi un surcroît d’énergie donc de chaleur.

De plus, elle réfléchit les rayonnement infrarouges émis par le sol, par l’atmosphère et par la haie elle-même ; ce, de part et d’autre de ses faces. Ainsi, la haie, en piégeant ce rayonnement, piège de la chaleur.

On comprend alors la tendance du bétail à se réfugier la nuit le long des haies, même lorsqu’il ne vente pas.

 

 

L’effet sur le rayonnement.

 

            ƒ - Effets cumulés du brise vent et de la modification du rayonnement.

            Les haies ont un rôle important concernant la régulation thermique, en freinant les vents, en filtrant les rayons solaires, en régulant la teneur en eau de l'air. On a ainsi pu montrer qu'elle diminuait les écarts thermiques entre le jour et la nuit de plusieurs degrés.

   L’effet principal de la haie est donc de tempérer les écarts de température.

En freinant le vent, elle limite l’évapotranspiration des plantes et, en captant le rayonnement, augmente la chaleur ambiante. Ces deux effets ajoutés permettent d’élever les rendements des cultures : ce phénomène s’appelle « l’effet ados ».

Les effets sur les rendements.

 

            L’ensemble des modifications du microclimat, et même du climat régional lorsqu’il s’agit d’un réseau étendu à toute une région, se traduit par une élévation des rendements des cultures et des élevages.

                            Ø Les rendements sur les surfaces abritées par un brise vent sont, dans les cas les plus modestes, de 6 à 20 % supérieurs à ceux obtenus en zone exposée au vent. Le plus souvent, l’amélioration de la quantité et de la qualité (appétence) des cultures fourragères dépasse les 20 %.

                            Ø Les rendements laitiers et les croissances sont également favorisés. Sans protection des haies, le rendement laitier peut chuter de 20 à 50 % en période froide ou ventée. De même, le poids des bovins peut connaître des écarts d’une quinzaine de kilos.

            En définitive, les augmentations de productivité des cultures et des élevages compensent la diminution très locale de végétation observée en bordure de haie et suffisent à justifier la part de surface agricole accordée à la haie.           

        Les haies maintiennent un microclimat plus humide, plus stable et, de ce fait, plus propice à la biodiversité.

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Les haies et la régulation hydraulique.

 

Les haies, associées à leurs talus et fossés, ont impact significatif sur la circulation de l’eau.

                         Ø Cet ensemble permet une bien meilleure infiltration de l’eau dans le sol. Effectivement, l’ensemble talus - haie - fossé  fait écran à la circulation de l’eau sur et dans le sol, en l’obligeant à pénétrer profondément. Ainsi, il en découle une meilleure alimentation des nappes et une plus juste régulation du régime des cours d’eau.

 

                        Ø Le réseau de haie évite donc d’avoir de fortes crues. Il est démontré que sur un même bassin versant, la pente non arasée diminuait les débits de crue par deux.

                        Ø Ce même phénomène permet également d’obtenir un débit plus régulier des sources et des cours d’eau en été.

                        Ø Le pompage naturel de l’eau par les végétaux permet, au printemps d’assainir les sols.

                        Ø Plus que sur la quantité, la haie influe sur la qualité des eaux ; celles-ci contenant, en zone bocagère, beaucoup moins de nitrates. L’eau est filtrée, au niveau des haies, de ses résidus de fumiers, d’engrais et de pesticides.

 

                        Ø Enfin, sur les pentes, les haies freinent l’érosion hydrique en empêchant l’eau d’atteindre un volume et une vitesse de ruissellement importante Quand bien même la terre serait érodée par endroit, la haie la retient. 

La haie et les sols.

            Le réseau de haie, d’une part, influe sur les sols en freinant l’érosion hydrique et éolienne.

 

            D’autre part, il a un impact significatif sur la fertilité des sols.

Il est admis que la forêt de feuillus est importante pour la formation des sols et le maintien de leur fertilité (minéraux), par le jeu du cycle biogéochimique.
   

  

Les haies, par les arbres qu'elles contiennent, contribuent à maintenir ce cycle. Elles puisent les minéraux lessivés par leurs profondes racines pour les redistribuer par la chute des feuilles (sur une largeur de 50 à 100 m). Par conséquent, sous nos climats tempérés, le bocage participe au recyclage des éléments lessivés.

   

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La haie et la flore.

            La haie constitue un biotope de substitution pour de nombreuses espèces, même s’il n'a pas été créé volontairement à cet effet. Il faut noter que la composition floristique des haies dépend fortement de la structure de celle-ci et des cultures qui la jouxtent.

La continuité et la densité des haies peut constituer un réseau écologique important. La continuité des haies permet le déplacement de la flore ainsi que la connexion entre différents biotopes induisant les échanges, essentiels à la reproduction des espèces. D'où l'intérêt de créer des corridors biologiques.

Les plantes se propagent généralement par sauts, les vecteurs étant principalement constitués de vertébrés.

Enfin, les haies variées résistent également mieux aux maladies et au gel.

            L’association talus – haie – fossé est à la base d’un milieu très particulier à la flore variée. C’est un milieu de grande biodiversité puisque très hétérogène :

Exemple d’un transect d’un talus portant une haie à base de chêne pédonculé et noisetier.

             Ø le fond du fossé est une zone humide dont la flore s’apparente à celle d’une mare, d’un marécage.

             Ø les flancs du talus portent la végétation herbacée.

             Ø le sommet du talus porte les arbres forestiers et les arbustes.

            Milieu hétérogène par excellence, cet ensemble réunit toutes les conditions pour héberger une flore diversifiée. L’étude de la flore des haies peut déboucher sur l’établissement de listes à recommander lors de replantations. Après ce stade, il faut toutefois noter que d’une année à l’autre les haies évoluent. Exposées brusquement à la lumière par une coupe, mis à l’ombre, au contraire, par la pousse de taillis, les talus modifient les proportions des plantes herbacées qui les couvrent. Quant aux espèces d’arbres et d’arbustes, elles augmentent avec l’âge de la haie surtout si elle est peu entretenue.

 

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La haie et la faune.

            La grande variété de feuillages, de fleurs et de baies des haies et talus abrite et nourrit une grande diversité d’insectes, proies des oiseaux insectivores. Puis des oiseaux prédateurs (rapaces diurnes et nocturnes) se nourrissent à la fois de quelques oiseaux et surtout de petits rongeurs, évitant leur prolifération dans les champs. C’est ce qu’on appelle une « chaîne alimentaire »

 
   

            Pour se nourrir et se reproduire, les oiseaux comme les mammifères ont besoin des haies et des talus. Mais, la haie abrite aussi des centaines d’espèces d’insectes utiles « auxiliaire des cultures » telle que la coccinelle, grande dévoreuse de pucerons.

            La haie et ses bordures d’herbes folles procurent abri et nourriture au gibier : lièvre, lapin, perdrix, faisan. Ils sont chez eux sous le couvert de la haie, à proximité des cultures qui ne souffrent guère de leurs dégâts.

            Et puis, les arbustes et les arbres des haies ont bien d’autres locataires que le gibier. Des quantités d’espèces utiles à l’agriculture : le hérisson, la musaraigne, mangeurs de limaces et d’insectes, les petits carnassiers comme la fouine et la belette, grands destructeurs de mulots.

            Les vieux têtards caverneux servent d’abri aux rapaces nocturnes qui traquent sans relâche les mulots, évitant leur prolifération catastrophique si souvent observée en plaine.

             Quant aux insectes utiles, auxiliaires de l’homme car destructeurs d’insectes nuisibles, ils profitent de la grande variété de feuillages et de floraison des haies pour se multiplier, mais sans jamais proliférer de manière nuisible. En effet, il faut retenir que la biodiversité est à la source d’un équilibre entre toutes les espèces.

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Entretenir le bocage

Pour la taille des haies, quels outils utiliser ?

 

    -Utiliser un matériel adapté pour chaque type de haies…

           Les techniques mécaniques pour l’entretien des haies ont, aujourd’hui, beaucoup évolué et peuvent permettre de concilier respect de l’intégrité de la haie et temps disponible des exploitants agricoles pour la taille de leurs haies.

 

      Ø Pour les haies hautes, non entretenues depuis plusieurs années et dont la périodicité est d’au moins 3 à 5 ans, préférez le lamier avec scies circulaires.

Ses avantages :

-         les interventions peuvent être moins fréquentes, passage tous les 2 à 10 ans en fonction des essences qui constituent la haie.

-         Coût réduit par la fréquence d’intervention plus faible et par la largeur de coupe plus importante.

-         Cet outil peut remplacer la tronçonneuse pour la taille des haies non entretenues depuis plusieurs années et dont le diamètre des branches est supérieur à 2cm.

-         Sur le même lamier, il est possible  d’adapter des disques à couteaux qui permettent de tailler des haies avec des branches de faible diamètre.

-         Vitesse d’avancement pour une taille d’entretien : 1,5 à 2,5 km/h.

      Ø Pour les haies basses taillées régulièrement avec des branches de faibles diamètre (< 2cm), préférez le broyeur à rotors avec fléaux en Y.

Ses avantages :

-   Cet outil permet de réaliser une taille annuelle, voire tous les 2 ans. Il permet d’éviter              l’utilisation des rotors à marteaux qui agissent par percussion et peuvent conduire à l’éclatement  des branches.

-   Cet outil est polyvalent. Il permet, en plus de la taille des haies, de broyer les talus herbacés, par inversion du sens de rotation.

      -    Les débris végétaux n’ont pas besoin d’être ramassés.

Ses inconvénients :

-         Le coût d’entretien  des haies est élevé, dû à la fréquence de passage.

-         Taille, presque tous les ans et uniquement pour les branches inférieures à 2 cm, pour éviter l’éclatement des végétaux et des risques sanitaires qui en découlent.

-         Vitesse d’avancement : 2 à 3 km/h par passage.

                       Ø D’ autres types de matériel existent, mais ne peuvent être utilisés pour tous type de haies.

 

Il est important de choisir le matériel adapté au diamètre des branches :

 

Lorsque le diamètre des branches de la haie est :

< 1 voir 2 cm

De 1 à 3 cm > à 3 cm
De préférence, utilisez le matériel suivant :

Epareuse à rotor avec fléaux en Y.

ou Lamier à couteaux

Lamier à couteaux.

Lamier à scies circulaires.

Lamier à scies circulaires

     ‚ - N’oubliez pas que  le respect de l’intégrité de la haie passe aussi par :

      -     Une intervention en période adaptée : tailler plutôt en période hivernale (à la descente de  sève).

-         pour les souscripteurs aux mesures agri-environnementales, reportez-vous à votre cahier des charges.

-          Un entretien courant du matériel de taille ( affûtage régulier des scies, des couteaux, changement régulier de ces pièces…).

 

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Des savoir-faire en Avesnois.

1 - Le tressage

            Une simple taille suffit lorsque les haies sont naturellement défensives, c’est à dire lorsque les espèces épineuses dominent ( prunellier et aubépines).

Il en est tout autrement des haies constituées principalement de houx, charme, hêtre, noisetier, que les bêtes pourraient plus facilement franchir.

Pour préserver aux haies non épineuses leur caractère défensif, une technique d’entretien très particulière était pratiquée :

 

            En Thiérache-Avesnois, le pliage s’effectue tous les dix ans.

On commence par préparer des piquets de saule, longs d’environ 1,60 cm récoltés sur les arbres taillés en têtard.

Il faut ensuite dégarnir la haies, c’est à dire ôter les bois morts, couper une bonne partie des tiges pour ne garder que des branches longues et flexibles :les liants, jugés aptes au pliage. Les plus gros arbustes sont sectionnés à un mètre du sol, pour faire office de piquets vifs. Une fois la haie dégarnie, il reste donc les montants, c’est à dire ces piquets vifs, les branches longues et flexibles destinées à être pliées. On plante des piquets de saule en complément des piquets vifs.

Une fois cet alignement constitué, on plie les liants, en les entaillant à la base à l’aide d’un courbet, et en les entrelaçant, une fois devant le piquet, une fois derrière, à la manière d’un reprisage. On progresse du bas vers le haut.

L’ensemble des liants est maintenu par une couronne de baguettes de noisetier ou de saule ; cette tresse évite le relevage par les cornes de bovins et dure un ou deux ans, le temps pour le bois de devenir résistant.

Un herbager aguerri pliait environ 20 mètres par jour et jusqu’à 300 mètres par hiver.

Le tressage est une technique si laborieuse qu’elle n’est plus guère aujourd’hui pratiquée que par quelques passionnés. Il s’agit surtout d’une pratique locale, dont la technique varie selon l’entité bocagère concernée.

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Des savoir-faire en Avesnois.

2 - La taille en « têtard » :

 

            La forme dite en têtard résulte d’une gestion spécifique de l’arbre.

Celle-ci consiste en une taille régulière des branches à leur base : environ tous les 6 ans pour un saule, tous les 9 ans pour les charmes.

Cette taille engendre la pousse vigoureuse de nouvelles tiges (futures branches) intéressantes pour le bois de chauffe ainsi que pour l’élaboration d’un bourrelet de cicatrisation formant ainsi la silhouette dite en « têtard ».

 

Rendement : 0,8 à 1 m cube tous les 9 ans ( pour le charme) par arbre.

                    1 m cube tous les 6 ans (pour le saule) par arbre.

 

                Cet élagage s’effectuant en hauteur, s'impose l’utilisation d’un équipement ( corde, harnais, mousqueton…) en attachant un soin particulier aux cordes.

Le port du casque reste indispensable pour vous protéger des chutes de branches, des chocs dans l’arbre…Ce casque sera équipé de protecteur de bruit, d’une jugulaire et d’une grille de protection des yeux.

Lors de l’utilisation d’une tronçonneuse, veillez à porter un vêtements anti-coupures et des bottes souples de sécurité. Pour les travaux à proximité des lignes électriques, il existe une réglementation très stricte à respecter.

Il est préférable, pour ce type de travail, de l’effectuer en équipe (composée d’un élagueur et d’un homme de pied). Assistant l’élagueur, l’homme de pied sera chargé de la surveillance  et du nettoyage du chantier ; mais, homme de pied, ne vous placez jamais sous l’arbre qu’on élague, portez constamment votre casque.

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Reconstruire le bocage.

 

Quand peut-on planter ?

Janvier Février Mars Avril Mai Juin Juillet Août Septembre Octobre Novembre Décembre

1 - N’oubliez pas :

-         « à la Sainte Catherine, tous bois prend racine »

-         Éviter la plantation en période de gel.

Quelles essences peut-on planter en Nord-pas de Calais ?

            Choisissez la diversité parmi ces essences locales, les plus adaptées au milieu, pour limiter les risques sanitaires, pour varier les couleurs en fonction du type de haie souhaité :

Arbres Arbustes
Aulne glutineux Frêne commun Cornouiller sanguin Troène d’Europe
Bouleau verruqueux Merisier Fusain d’Europe Viorne mancienne
Charme Peuplier tremble Noisetier Viorne obier
Chêne pédonculé Saule blanc Prunellier Merisier à grappe
Chêne sessile Tilleul à petites feuilles Saule cendré houx
Érable champêtre Robinier faux acacia Saule marsault  
Érable plane Noyer commun Saule osier  
2 - Pensez à protéger vos jeunes plants…

            Un arbre même planté dans les meilleurs conditions reste fragile, les 4 à 5 premières années de sa vie. La moindre agression extérieure peut lui être fatale.

            Ø La concurrence avec les herbacées :

             Dans un premier temps, un jeune plant risque d’être étouffé par les herbacées.

Deux solutions peuvent être envisagées :

-         le passage annuel d’un traitement herbicide, le glyphosate. Ce produit agit par contact avec la plante et se dégrade assez vite dans le sol. Il est préférable pour cela d’utiliser un cache. Cependant, cette méthode nécessite un suivi régulier de la jeune haie.

-         Aussi préférez la pose d’un paillage :

 

Type de paillage Film plastique Écorces paille Dalles 
Composition   Écorces broyées de résineux  

Fibres de bois, liège.

Fibres naturelles…

Avantages

-Élimination des herbacées

-Gain de croissance

-Maintien d’une humidité constante

- Réchauffement du sol

- Pose mécanique

-Élimination des herbacées

-Décomposition lente

-Capacité importante à retenir l’eau

-Utilisable aux endroits où le labour est impossible

-Élimination des herbacées

-Maintien d’une humidité permanente

-Protection contre le gel

-Utilisable aux endroits où le labour est impossible

-Élimination des herbacées

- Bonne capacité à retenir l’eau
-Utilisable aux endroits où le labour est impossible

Inconvénients

-Décomposition nulle

-Acidification du sol

-besoin de renouvellement chaque année

-Durée de vie qui reste limité (vent, rongeurs)

 

-Coût élevé

 

Époque pour la pose Avant la plantation Après la plantation Après la plantation Après la plantation

Remarques : la collerette est indispensable pour les types de paillage avec ouvertures (pour les films plastiques et dalles).

                        Ø Risques par les animaux :

-         les animaux (bovins, ovins, caprins…) sont un danger pour les jeunes pousses. Une barrière efficace doit les empêcher de manger ces pousses appétentes. On utilisera un fil électrique ou un barbelé à 5 ou 6 fils à poser à une distance de 1,20 mètres.

-         Le gibier peut causer aussi des dégâts sur les jeunes plantations :

Pour lutter contre l’écorçage du lapin, on pourra appliquer sur le tronc de l’arbre un manchon de protection ( sous forme de grillage plastique ou d’un rouleau de plastique dur) ou de grillage galvanisé à fine maille.

Pour les cervidés, un tube de croissance de 1,20 m à 1,80 m protègera le jeune plant et lui évitera des désagréments (protection contre les gelées…) ou mieux encore une gaine climatique permettant une meilleur aération et le passage de la lumière.

 

A quelle distance planter ?

-Pour les plantations en linéaire : un plant tous les 50cm.

-Pour les grands « brise-vent » ou haies libres, plants en quinconce, tous les 75 cm.

 

Peut-on planter de l’aubépine ?

Selon l’arrêté préfectoral relatif à l’interdiction de plantation et de multiplication de certains végétaux sensibles au feu bactérien, la plantation d’aubépines épineuses et d’aubépines monogynes (épine blanches) est interdite, dans la région Nord-Pas-de-Calais, sauf dérogation du Service Régional de la Protection des Végétaux (S.R.P.V).

Une expertise de risque phytosanitaire sera réalisée par les agents de la protection des végétaux. Chaque plantation de haie autorisée par la SRPV devra faire l’objet d’un suivi phytosanitaire par des spécialistes, pendant 10 ans.

En Avesnois pour tous projets de plantations acceptés par le SRPV, le parc naturel régional, en partenariat avec le SRPV, prendra en charge la réalisation du dossier d’aide technique pour l’obtention d’aide à la plantation, le suivi phytosanitaire  des plantations par un technicien du parc, pour une durée de 10 ans. L’agriculteur prendra en charge, en plus des travaux de plantation, les analyses de laboratoire (soit environ 15,23 Euros/an pour un kilomètre de haies).

 

Aspects réglementaire.

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Valoriser le bocage...

Le maintien du bocage passe également par une requalification de la haie en lui redonnant un intérêt économique. 

Exploiter la haie… l’Avesnois un exemple à suivre

Une étude commanditée par l’association pour le développement et l’aménagement  de l’Avesnois  a été réalisée par l’ENGREF sur les possibilités de valorisations économiques du bocage de l’Avesnois.

Cette étude à caractère  technique et économique a permis de déterminer les productions bocagères les plus intéressantes à mettre en œuvre.

Des projets individuels semblent pouvoir se développer dans les domaines suivants : fruits, bois d’œuvre, bois de chauffage pour la vente et l’auto consommation.

Cette étude peut être consultée à la maison du parc naturel régional de l’Avesnois, grange Dîmière de Maroilles.

Valoriser les prairies par l’agro-foresterie

On rencontre facilement dans les prairies bocagères, des prés-vergers plantés de pommiers hautes tiges. Une autre piste pour redonner une utilité économique aux prairies bocagères, tout en préservant l’environnement et le paysage , pourrait être envisagée à travers l’agroforesterie. Seule différence notable , on n’y recherche pas la production de fruits mais la production de bois nobles.

Cette technique consiste à planter des arbres choisis pour la forte valeur de leur bois (merisier, frêne, chêne, noyer…) à une densité suffisamment faible pour que le pâturage subsiste.

Pour une conduite adaptée de la taille des arbres, du niveau de pâturage et du comportement des animaux, l’éleveur pourra former des arbres droits, rectilignes, sains et élagués sur plusieurs mètres, conditions nécessaires pour qu’ils atteignent la qualité désirée par l’industrie, conserver un herbage productif, avoir un élevage performant.

Quelques conseils techniques :

-         choisir des essences parfaitement adaptées aux conditions pédo-climatiques

-         une densité d’environ 100 arbres à l’hectare pour garder un ensoleillement suffisant

-         bien protéger les arbres (manchons, gaines…)

-         ne pas poser de barbelés sur les troncs pour ne pas déprécier la valeur marchande du bois

-         tailler régulièrement les arbres pour former un tronc droit et sans nœud.

Valoriser les haies par la plantation de bois d’œuvre

Planter des essences dites « précieuses » (merisier, noyer…) ou « nobles » (chêne, frêne) dans sa haie, demande un suivi régulier, échelonné sur plusieurs années, pour obtenir un bois commercialisable et rentable. Plusieurs interventions importantes seront nécessaires :

-une protection de l’arbre contre les agressions extérieures (animaux, engins agricoles, barbelés, clous pour les clôtures et barrières…).

-une taille de formation, à effectuer régulièrement pour l’obtention d’un arbre droit et assez haut. Cette intervention qui consiste à supprimer les branches concurrentes de la tige principale, aura lieu à 2, 5 et 7 ans.

-un élagage régulier des branches qui se développent sur le tronc jusqu’à une hauteur de 6-8 mètres ( taille douce) pour l’obtention d’un bois sans nœud.

-un émondage des gourmands, source de nœuds, pour obtenir un tronc propre et sain. Ces gourmands naissent du développement de bourgeons dormant suite à un élagage trop sévère ou une arrivée brutale de lumière.

-un tuteurage ou haubannage des arbres coupés, blessés ou cassés si nécessaire.

Valoriser en restaurant vos anciens vergers hautes-tiges

 

Comment les restaurer ?

-         supprimer le gui régulièrement ( hors de la cueillette), avec une serpette ou une scie désinfectée.

-         Eliminer les gourmands.

-         Eliminer les branches sous la greffe (pied franc).

-         Les branches aux extrémités du fruitier ne doivent pas descendre sous le niveau de la greffe.

-         Supprimer les bois morts, les chancres et les brûler.

-         Si une taille sévère sur l’arbre est nécessaire, faire attention à bien équilibrer les charpentières. Sachez qu’ à une branche maîtresse correspond une grosse racine. Un déséquilibre au niveau du houppier entraîne un déséquilibre du système racinaire.

-         Après chaque grosse coupe, appliquer en badigeonnant un mélange d’argile et de bouillie bordelaise ou de  goudron  de norvège.

-         Eclaicir le centre de l’arbre en supprimant les branches partant vers l’intérieur de l’arbre.

La haie, lieu de refuge, de nourriture et de reproduction pour le gibier.

Lieu de refuge

Site de nourriture

Site de reproduction

-lapin de garenne (haie buissonante)

-lièvre (haie moins touffue)

-chevreuil

-grives (arbustes)

-perdrix grise

-Pigeon ramier (graines de lierre et glands)

-Grives et merles noir (baies d’aubèpine et prunelliers)

-Lapins (feuilles de ronces)

-Oiseaux insectivores

-Lapin de garenne (talus des haies)

-Merle noir et grive musicienne (dans la végétation buissonnante)

-Pigeon colombin (dans les tétards)

 

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